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Rythmes biologiques : les plantes qui donnent le tempo

Tous nos organes et nos fonctions métaboliques suivent des rythmes et la plupart des grandes médecines ancestrales ont accordé la plus grande importance à cette pulsation continue qui nous anime. Après avoir occulté cette notion pendant près de 2 000 ans, la médecine occidentale redécouvre, depuis peu, l’importance des rythmes biologiques. Elle s’était, jusqu’ici, focalisée presque exclusivement sur les cycles hormonaux. Les phytothérapeutes, plus sensibles à l’influence des rythmes naturels, voient plus loin…

Les rythmes biologiques au cœur des médecines ancestrales

Les grandes médecines traditionnelles ont leur base et leurs fondements en rapport avec les cycles de la nature autant que ceux du corps humain. En médecine traditionnelle chinoise, la théorie des 5 éléments qui sont la terre, le métal, l’eau, le bois et le feu est animée d’un mouvement circulaire d’un élément à un autre et où organes, symboles et plantes sont associés à un élément correspondant. Cette roue perpétuelle rythme le cycle de la vie en général autant que celui du métabolisme du corps. Par exemple, à l’élément feu est associé la saison de l’été, la joie, la saveur amère, la rhubarbe chinoise, et enfin le cœur, l’intestin grêle et la langue pour les organes.

En Inde, la médecine ayurvédique utilise aussi 5 éléments et trois grandes forces vitales. Le mariage de ces éléments garantit l’équilibre et la santé du corps. La maladie est perçue comme la conséquence d’une perturbation ou d’une baisse de ces flux vitaux.

On pense que l’origine de la médecine ayurvédique remonte à plusieurs milliers d’années, et qu’elle est la mère de bien de savoirs et de courants qui ont à leur tour donné naissance à la médecine unani, arabe, tibétaine et du Sri Lanka. Certains voient dans ces anciennes origines les fondements de la culture et des savoirs celtiques. C’est que les celtes aussi avaient une grande dévotion pour les phénomènes cycliques tout au long de l’année. Quelques traces fragmentaires se retrouvent aujourd’hui dans les traditions populaires comme la fête de la St-Jean, moment de l’année où les Celtes fêtaient le solstice d’été. Les fêtes dédiées au gui ou à la lune étaient aussi basées sur une lecture des rythmes.

La chronobiologie redécouvre l’importance des rythmes

La-melatonineLa chronobiologie doit ses fondamentaux aux mécanismes hormonaux et notamment à la découverte extraordinaire faite il a tout juste 50 ans de l’existence de la mélatonine. Car on peut dire de cette hormone qu’elle est une donneuse de rythme et de temps. Elle est sécrétée par l’épiphyse, une petite glande hormonale située en arrière de l’hypophyse et de l’hypothalamus et tout contre le croisement des deux nerfs optiques. Par un mécanisme subtil qui est fonction des variations de lumière entre le jour et la nuit, la mélatonine est libérée dans le sang dès la tombée de la nuit. Cette action est responsable de la venue du sommeil et sa présence dans le sang pendant toute la période nocturne maintient le sommeil. Peu après avoir réussi à synthétiser la mélatonine, des chercheurs ont découvert que bon nombre de végétaux, et notamment des aliments habituels, contiennent des proportions variables de cette molécule, parfois de façon non négligeable. Découverte amplifiée par la présence de mélatonine aussi dans des plantes médicinales majeures.

Bien des chercheurs expliquent que la présence de mélatonine dans les plantes explique leurs vertus. Mais cette approche bien simpliste a toutes les chances d’être dénoncée au profit d’une explication plus subtile et plus holistique. Il vaut mieux, en effet, favoriser les équilibres naturels et notamment le sommeil, en améliorant leurs contextes et leurs paramètres plutôt que de se focaliser sur l’action isolée d’une molécule toute seule.

Si vous avez des diificultés à trouver le sommeil, notre article intitulé « Retrouver le sommeil : la phytothérapie une nouvelle alternative » peut vous intéresser

Notre corps, un enchaînement de cycles

Cette logique vaut pour nombre d’autres phénomènes cycliques du corps. Car si le sommeil est le cycle le plus évident, bien d’autres rythmes s’exercent dans notre organisme, à commencer par la respiration ou les battements cardiaques. Sous commande nerveuse autonome, ces deux rythmes musculaires pourront être soutenus par les plantes.

La racine de l’aunée (Inula helenium) en infusion légère et prise préventivement ou curativement, soutiendra le rythme respiratoire face à des crises d’asthme légères, alors que les sommités fleuries de l’aubépine (Crataegus oxyacantha) s’utiliseront aisément devant un désordre du rythme cardiaque lié ou non à des crises d’angoisse (une cuillère à café de sommités coupées pour une tasse à infuser 10 minutes). Le genêt à balai (Sarothamnus scoparius) s’utilisait autrefois en soutien du rythme cardiaque face à une intoxication qui menaçait le cœur. On raconte que les chèvres, en cas de morsures de serpent, mangent par instinct et immédiatement du genêt à balai. Ses effets diurétiques très puissants doivent certainement participer à son action antidote.

La mélatonine, une découverte récente

Découverte en 1958, la mélatonine livre ses secrets au compte-gouttes… Le Dr Reiter, auteur du livre « Mélatonine, faux miracle ou vraie révolution ? » aux éditions. First, a depuis sa découverte, conduit, patronné et orienté bon nombre de recherches sur cette hormone à travers le monde. Ses travaux continuent aujourd’hui encore. Voici quelques aliments dont on sait maintenant qu’ils sont riches en mélatonine (valeur en picogrammes par gramme) : Avoine (1796) Maïs (1366) Riz (1006) Gingembre (583) Tomate (500) Banane (460) Orge (378)

Le cycle rénal, pour un bon démarrage matinal

Méconnu de tous est le rythme de la fonction rénale. Saviez-vous que les reins excrètent davantage en milieu de journée ? C’est donc, dans le principe, une erreur d’associer le moment du coucher à la prise d’une tisane. D’autant que 90% des plantes médicinales, selon Henri Leclerc, ont des propriétés diurétiques…

L’excrétion rénale est un mécanisme lié, lui aussi, à un équilibre d’hormones imbriquées les unes aux autres et dont le cortisol est partie prenante. Reins et surrénales travaillent en étroite collaboration.

Et les surrénales ont aussi un cycle fondamental dans le corps puisque la sécrétion de cortisol tôt dans la matinée, entre 4 et 8 heures, est une sorte de carburant qui nous permet un bon démarrage le matin.

On conseille d’ailleurs souvent à ce titre une application d’une à deux gouttes d’huile essentielle de pin sylvestre sur la zone rénale dans le dos le matin de bonne heure pour favoriser la sécrétion de cortisol par les surrénales.

Le cycle thyroïdien gère les variations saisonnières

Plus discret est le rythme de la thyroïde. C’est une glande hormonale qui sécrète la thyroxine (T4) et qui participe au métabolisme du corps. Elle réagit aux variations de la température extérieure mais son temps de réponse peut parfois être de l’ordre d’une semaine à dix jours. Elle participe à l’adaptation de notre corps aux variations saisonnières : la venue du froid à l’automne, le redoux du printemps. L’argile verte, prise par voie interne sera modératrice de son activité alors que les plantes riches en iode comme le fucus l’inciteront au travail.

Le cycle du foie : digestion le matin, désacidification la nuit

Le-foie-et-les-rythmes-biologiquesLe foie, cet organe qu’on dit indolore et silencieux est, lui aussi, soumis à un rythme. En plus de celui d’être animé d’un léger mouvement circulaire que les ostéopathes connaissent bien, il travaille différemment la nuit et le jour.

Grâce à la phytothérapie, l’activité digestive qui débute avec le petit-déjeuner (qui signifie l’opposé du jeûne), est activée par des plantes comme le romarin ou le serpolet.

Une infusion légère de chacune de ces plantes chaque matin, ensemble ou en alternance chaque semaine, stimulera la phase digestive. A l’inverse, en accompagnement d’un repas frugal et prises tôt en soirée, des plantes comme la camomille ou la marjolaine favoriseront une digestion rapide et une activation au plus tôt des fonctions de désacidification du corps que le foie exécute pendant la nuit, travail pris en relais tôt le matin par les reins.

 

 

Le cycle lunaire et la femme

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Un autre cycle que tout le monde peut observer est celui de la lune. Quel lien y a-t-il avec notre organisme ? Des biologistes ont mis en évidence une influence de la lune sur le cycle féminin. Mais ce phénomène subtil, basé sur les variations lumineuses, solaires et lunaires est difficile à reproduire dans les conditions dans lesquelles nous vivons aujourd’hui. Il peut cependant être aidé ou remplacé par une plante très commune chez nous : l’armoise vulgaire (Artemisia vulgaris). Une infusion de 10 minutes chaque jour à hauteur d’une bonne pincée de feuilles coupées et séchées pour une bonne tasse régulera les cycles féminins. Cette plante doit son nom à Artémis, la déesse qui présidait à l’enfantement.

 

 

Au rythme du système immunitaire

Il existe enfin dans notre corps un autre rythme qui fait l’objet lui aussi de bien des recherches dans le monde : le système immunitaire. Si on comprend mieux ses différentes facettes, ses voies d’expression multiples et la complexité de son organisation, on entre-aperçoit à peine que la dynamique et la santé de notre immunité peuvent être optimisées en phytothérapie en alternant les plantes qui le stimulent. En effet, le système immunitaire réagit aux variations d’informations qu’on lui adresse et tire un meilleur bénéfice et une plus grande vigueur si ces informations s’alternent les unes avec les autres. Face à un rhume, on aura tout intérêt, au-delà d’une semaine de cure de plantes ou d’un mélange, à changer de formule pour que les informations reçues par les leucocytes (les fameux globules blancs) soient différentes. Dès qu’une plante sera dite immuno-modulante ou immunostimulante, on aura intérêt à l’alterner avec une autre selon un rythme de 7 jours.

Il ne nous reste plus qu’à programmer notre santé en fonction du monde dans lequel nous vivons et de la période que nous traversons. N’est ce pas à cela que fait allusion l’aphorisme connu : « L’important ce n’est pas d’ajouter des années à sa vie, mais plutôt de la vie à ses années » ?

 

 

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