Ashwagandha

Ashwagandha : le compte est bon !

Ashwagandha : ou quand une montagne (administrative) accouche d’une souris (juridique) !

Vous ne connaissez peut être pas encore ce mot qui nous vient d’Inde : « Ashwagandha » est le nom d’une plante Ayurvédique extraordinaire, utilisée depuis des décennies par le peuple Indien et les adeptes de la médecine Ayurvédique.

Parce que je suis passionné depuis plus de 20 ans par les plantes fortifiantes qu’on appelle aujourd’hui « adaptogènes », j’ai très vite eu l’occasion d’entendre parler de l’Ashwagandha. Dans les années 1990, j’avais réussi à me procurer quelques dizaines de grammes de cette racine pour vérifier personnellement ses vertus. Par la suite dans le cadre de mon activité de forain, j’ai pu la proposer à quelques clients assidus. Et ainsi découvrir à quel point l’Ashwagandha est extraordinaire.

Quand en 2006 la règlementation sur les compléments alimentaires est entrée en vigueur en France, je n’ai pas envisagé de commercialiser cette plante pour des raisons évidentes de refus du dossier, mais aussi parce qu’à l’époque, l’approvisionnement n’était pas aussi stable qu’aujourd’hui.

Mais il y a quatre ans de cela, l’administration française a publié un décret de plantes dites positives simplifiant les démarches administratives pour les déclarations des compléments alimentaires. Ayant eu l’occasion de participer à des groupes de travail en vue de l’élaboration de cette liste, j’ai pu découvrir que le projet de décret, quelques mois plus tôt, prévoyait d’intégrer l’Ashwagandha parmi les heureuses élues.

A la date d’effet du 1er janvier 2015 de ce décret, Natura Mundi a donc préparé un complément alimentaire en bonne et due forme, sur la base d’un totum (j’explique plus bas ce terme). Je pensais alors pouvoir faire une simple déclaration pour mettre sur le marché ce nouveau produit… Mais Ô surprise, le décret publié avait entre-temps été modifié et quelques plantes n’y figuraient plus. Notamment, vous l’aurez deviné… l’Ashwagandha.

Bigre… peu de temps avant, cette plante a même été rajoutée au tableau B de la pharmacopée, rendant sa commercialisation encore plus complexe… Pour la petite histoire, la commission de la pharmacopée a jugée bon de placer cette plante au tableau pour deux raisons : d’abord elle contient des alcaloïdes, et précaution oblige, les alcaloïdes peuvent être dangereux. Et à défaut de preuve de non toxicité, on prend des mesures préventives. Y’a des fois, on aimerait que ces règles de bon sens s’appliquent partout. Vous voyez, par exemple pour les vaccins… pour le Round’Up… pour tout ce qui menace aujourd’hui les abeilles, etc.

Pour l’ashwagandha, le pire c’est qu’au cours de cette séance de la commission pharmacopée, l’aspect traditionnel de cette plante a été passé sous silence : si des millions de gens en Inde utilisent régulièrement cette racine et n’ont jamais eu d’empoisonnement, eux dans leur tour d’Ivoire… ils n’ont qu’une réponse : « qu’à cela ne tienne, la science n’a pas confirmé la tradition… » et donc cette plante par précaution, quand bien même les preuves de bon sens abondent pour dire qu’elle n’a pas de toxicité, sera classée dangereuse…

Manque de pot, en Europe, quand un complément alimentaire est autorisé dans un état membre, et dispose alors d’une autorisation de mise sur le marché pour ce pays, il doit nécessairement être reconnu acceptable par tous les autres états. Cela s’appelle le principe de la reconnaissance mutuelle. C’est inscrit dans les statuts Européens. Dans le cas de l’Ashwagandha, si par exemple la Belgique autorise un complément à base d’Ashwagandha, alors il doit aussi être accepté par la France de facto…

Mais pour notre petite plante, l’administration a bien fait les choses. Par précaution (la vraie ! cette fois-ci), l’ashwagandha utilisée devra être garantie avec un taux d’alcaloïdes ne dépassant pas 5 % de la masse totale du produit. Avouez que c’est une façon de voir beaucoup plus cohérente que de dire qu’on la classe dans les produits dangereux d’entrée… Eh bien cette logique-là s’est appliquée dans le cadre des autorisations Belges. Merci la Belgique…

Tout fabricant de complément alimentaire doit donc simplement disposer de la preuve que sa matière première répond à ce critère de teneur de 5 % au maximum de withanosides… Il suffit donc de faire une analyse. Ceci est d’une grande simplicité pour la plupart des fabricants. Pourquoi ? Parce qu’ils achètent à des fournisseurs d’ingrédients une matière première dite « extrait ». Très souvent c’est une matière première concentrée ou purifiée par des process industriels tenus secrets.

Et quand vous achetez ce produit, l’analyse qui a été faite l’a été sur une quantité importante de matière première, et donc le coût de cette analyse est absorbé dans le prix global de l’extrait vendu.

Mais à Natura Mundi, nous n’achetons que bien rarement des extraits (ça nous arrive de le faire quand la règlementation nous y contraint). Notre ashwagandha est un totum, c’est-à-dire que ce sont des racines qui sont lavées et séchées après récolte, puis pulvérisées et enfin cette poudre mise telle quelle dans nos gélules (qui au passage sont toujours des gélules végétales – éthique oblige). Nous pensons que le totum est bien plus naturel qu’un extrait… et vous serez d’accord avec moi.

Pour déposer un dossier en bonne et due forme, il nous manquait juste une analyse pour prouver que notre poudre de racine contenait moins de 5 % de ces fameux alcaloïdes…

Et alors là, panique à bord. Point de laboratoire, en France, capable de nous faire cette analyse… Il nous a fallu marteler pendant presque deux ans pour enfin, au printemps de cette année 2017, trouver un labo qui puisse nous faire cette analyse quantitative.

La suite est bien simple : l’analyse une fois effectuée et montrant que notre valeur d’alcaloïdes était inférieure à 5 % a été jointe à notre demande d’autorisation de mise sur le marché. Et rapidement, le bureau central parisien (le bureau A4 pour les connaisseurs) de la DGCCRF nous a fait parvenir une autorisation de commercialisation.

Mais pardonnez-moi… j’ai fait un grand bond de plus de deux années entre début 2015 et l’approche de notre bel été 2017. C’est qu’il s’en est passé des choses pendant cette période !

D’abord, pour rappel, nous commercialisons plus de 300 références de produits, et la plus grande majorité font l’objet de déclarations. En 2014, nous avons aussi décidé de nous démarquer en classant dans les compléments alimentaires certaines huiles essentielles. On avait déjà eu des remarques de notre fameux inspecteur nous sommant que c’était des produits dangereux (vous pensez ! les huiles essentielles, on a tous les jours à la une des journaux le nombre de morts qui s’affiche avec ce titre « l’huile essentielle de lavande a encore tué une grand-mère »… Non mais !

Donc on a décidé de déclarer spontanément 16 de nos huiles essentielles en tant que compléments alimentaires. On a fait tout un gros dossier, qu’on a envoyé à ce fameux bureau A4. Qui nous a répondu dans les deux mois, comme le veut la règle, que notre dossier était REFUSÉ. Motif ? « Vous citez, dans le cadre de la reconnaissance mutuelle la liste positive Estonienne, mais vous avez omis de joindre ladite liste ». Subtil, non ?

Entre temps, la liste Estonienne s’est modifiée, et naïvement, je me suis dit que ce n’était pas une catastrophe si les huiles essentielles que nous vendions ne disposaient pas spécialement du statut de complément alimentaire. J’ai toujours vendu des huiles essentielles depuis plus de 20 ans, ce n’est pas cette fois-ci, me disais-je, qu’ils vont me faire un flan… Fatale erreur, vous allez voir !

A la même époque, nous avons renommé un produit appelé CO-GLUCHONTHAMNE. Et donc refait une déclaration de mise sur le marché. Sauf que celui-ci contient de la chondroïtine, et que la chondroïtine existe sur le marché du médicament à une dose d’au moins 2 g par jour. Un complément alimentaire ne peut faire de la concurrence ainsi à un médicament ! Non messieurs dames, ce n’est pas juste. Un médicament ne peut avoir de concurrent… Il faut donc baisser le dosage ou la quantité de prises… On a donc là aussi reçu un avis négatif… Et nous, naïvement, on a simplement procédé au bon dosage pour être dans les règles. Et bien sûr, avant même de le commercialiser ainsi.

17 septembre 2015 : contrôle de deux inspecteurs des fraudes dans notre entreprise. Sur les 300  produits que nous commercialisons, les inspecteurs, relèvent en quelques minutes que plusieurs dossiers ne sont pas conformes… Devinez lesquels ! Les huiles essentielles, pour lesquelles nous préparions un courrier pour la mise en conformité de la procédure de déclaration, le CO-Gluchonthamne et l’Ashwagandha pour lequel, nous avions retiré de la vente en boutique le produit suite au refus de notre déclaration deux mois plus tôt (nous étions déjà en chasse d’un laboratoire d’analyse…). Ils me signifient que les produits vendus (au total plus 3700…) sont passibles d’une amende dite de classe 3, c’est-à-dire d’un montant de 450 euros… par boite vendue ! Vous avez fait le calcul : un million sept cent mille euros d’amende qui nous pendent au nez…

On a eu beau leur expliquer le contexte dans lequel nous étions et le ridicule de l’histoire, rien n’y a fait, ils se sont pourléché les babines… Suite au contrôle, les deux inspecteurs ordonnent un arrêté préfectoral nous sommant de lancer un rappel de produits… Certains d’entre vous s’en souviennent ! Nous avons à l’époque écrit individuellement à chacun de nos clients qui nous avait acheté une boîte d’Ashwagandha… et après avoir expédié quelques centaines de lettres, les retours se sont comptabilisés… à 2 boites retournées !!! La plupart d’entre vous qui nous appelaient nous ont bien dit leur déception de ne plus pouvoir commander ce produit, et de nous dire qu’il était hors de question qu’ils nous le retournent. Ils le garderaient précieusement… En nous envoyant au passage tous les encouragements face à cette ridicule histoire. Merci à vous pour ces soutiens.

De mon côté, j’ai sollicité un rendez-vous avec le préfet, puis avec la directrice de la DDPP de l’Ariège, … Aucun dialogue possible.

En juillet 2016, soit un an plus tard, le Procureur de la République m’écrit pour me proposer une transaction, dans laquelle en résumé, il me propose de payer seulement un peu plus de 11 000 €, et de clore le dossier… Son raisonnement était simple. Je paie 3 € par produit « épinglé » (et donc au passage je reconnais ma culpabilité), et l’affaire est terminée… Sympa ! Sauf que j’ai demandé, une nouvelle fois, à rencontrer le procureur pour m’expliquer de vive voix sur le caractère grotesque et surfait de l’histoire… Là encore, aucun dialogue possible…

Vous pensez bien que dans ces circonstances, je n’étais pas très enclin à aller à la paierie du Trésor pour leur verser cette somme. J’ai donc décidé de ne pas donner suite à cette proposition de transaction que je trouvais fort de café.

Au printemps de cette année 2017, je suis un beau jour convoqué à la gendarmerie… pour assignation devant le tribunal. Devinez quoi ? Le gendarme qui m’interroge me reproche mon silence suite à cette proposition de transaction… Je me suis expliqué et j’ai donc à nouveau demandé à rencontrer le Procureur, mais encore une fois, personne n’a répondu… Et on m’accuse d’être silencieux !

Donc, un procès est lancé !

Quelques mois plus tard, lors du passage à la barre devant le juge, une dame (Madame Le Juge…) toute étonnée de voir un tel dossier arriver sur son bureau, a dû se demander ce que je faisais là… Mon avocat, Me Meunier, a pris le temps d’expliquer le burlesque de cette affaire et cet exposé a certainement du plaire à la juge puisque le délibéré, rendu deux mois plus tard a été clair : Monsieur Astier est relaxé « des fins de la poursuite en ce qui concerne le produit Ashwagandha » et « le dispense de peine conformément à l’article 132-59 du Code Pénal ».

Pour les autres accusations, le tribunal a rendu le même verdict…

Aujourd’hui mesdames et messieurs, Natura Mundi est très fier d’être certainement la seule société en France à proposer de l’Ashwagandha sous la forme de totum de racine. Et en plus de vous communiquer (je l’avais déjà annoncé le mois dernier) que notre analyse a montré un taux d’alcaloïdes de 0.5 %. On est bien loin des 5% autorisés, on est même dix fois moins élevé. Est-ce que cela signifie que nous avons un produit moins efficace ? Bizarrement non, et bien au contraire. Quelques clients de la première heure nous avaient déjà signalé que notre Ashwagandha avait des effets plus marqués que celui acheté ailleurs.

Pourquoi ? Parce qu’à la grande différence d’un extrait, un totum, comme son nom l’indique, est une totalité de principes actifs. Or on sait très bien aujourd’hui que les principes actifs naturels, s’ils sont naturellement présents ensemble, entrent entre eux en synergie. C’est cette synergie qui explique la supériorité du naturel face au produit modifié chimiquement. C’est cette synergie qui explique ce phénomène étonnant que même avec moins de withanosides, notre Ashwagandha procure de meilleurs effets. Parce qu’il n’y a pas que les withanosides dans la vie ! Et à Natura Mundi, on en fait un leitmotiv…

Alors juste avant de vous quitter, je vais quand même vous donner mon sentiment dans cette histoire. Je ne vais pas vous faire un discours sur la théorie du complot, même si je suis un fervent défenseur de cette vision du monde. Mon sentiment c’est que comme le dit l’adage, il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison. Et s’intéresser plutôt aux vertus de cette plante si étonnante : Ashwagandha veut dire « la force du cheval » en Hindi. Et pourtant son nom latin est Withania somnifera… Lors des essais que j’avais faits sur moi-même il y a déjà quelques bonnes années, mais aussi par les retours de mes testeurs de l’époque, j’avais remarqué combien cette plante pouvait fatiguer une personne. Mais inversement aussi donner cette « force de cheval ». Tout me porte à croire que l’Ashwagandha aide l’organisme à retrouver sa forme maximale. Si je manque de sommeil, elle m’aidera à mieux dormir. Si pour être en pleine forme, il me faut d’abord récupérer des forces par le sommeil, alors elle sera « somnifera ». Mais une fois cette phase passée (si nécessaire), elle développera chez chacun une énorme capacité de résistance au stress du quotidien. l’Ashwagandha sera une plante adaptogène très puissante.

Concrètement, lorsque vous commencez une cure d’Ashwagandha, démarrez par une gélule. Prenez-la au repas du midi un jour où vous n’avez pas spécialement d’engagement. Si elle vous fatigue, profitez-en pour vous offrir une sieste. Le lendemain, prenez-en une autre en fin d’après-midi. Et renouvelez cette prise tant que l’action sur la qualité du sommeil sera bénéfique. La Withania doit vous augmenter la qualité de votre sommeil. Peut-être aussi un peu la quantité. Une fois cette phase de récupération achevée, vous ressentirez en vous levant le matin la « force du cheval ». N’hésitez pas alors à en prendre le matin, et testez la quantité qu’il vous faut précisément au fil des jours. Vous pourrez alors faire la cure de mise en forme que nous vous conseillons : jusqu’à 4 gélules chaque matin au petit déjeuner pendant 20 jours. Par la suite, si vous souhaitez faire appel à nouveau à la Withania, juste deux gélules chaque matin peuvent suffire.

Je suis preneur de vos retours. Herboristement votre !

Et surtout, surtout, merci de votre fidélité ! C’est votre fidélité qui nous donne chaque jour envie de continuer notre beau métier d’herboriste.

Pour retrouver notre Ashwagandha cliquez ici !

3 réflexions au sujet de « Ashwagandha : le compte est bon ! »

  1. HOMS

    bravo pour votre courage et ténacité devant des incapables…… Je ne consomme pas cette plante, mais bien d’autres notamment pour l’hypertension.et le stress de notre folle vie actuelle.
    Tout comme vous, je me lève chaque matin en me demandant ce qui va encore me tomber sur la tête…. Tout va mal, sur tous les plans. J’ai 80 ans et je voudrais bien qu’on me laisse vivre à ma façon ….. Je pourrais vous raconter tout ce qui m’est arrivé depuis …… que j’ai déménagé dans les Landes……. = 2 ans. La dernière c’est que ma Mutuelle MGEN m’a changé mon adresse et sans rien dire me loger à Martigues 13500 alors que je suis à Ondres (40440)….. Vous voyez, il y a plus que les plantes qui gênent …
    Continuez, faites des pétitions….. ça marche. Arlette HOMS

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  2. GUY MERLOT

    On ne sait qui est gêné à ce point par l’expansion de l’utilisation des plantes quelle qu’elles soient,mais il faut croire que cela représente un danger pour quelqu’un ou quelques uns.Bravo pour votre combat et félicitations pour le procès gagnés. La nature ,même à ce niveau finira par gagner!

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  3. bannwarth marie-france

    Félicitations Monsieur Astier pour votre perspicacité ! Quelle histoire insensée et inutile.
    Merci pour votre combat qui résonne aussi en nous.

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