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Os et articulations : idées fausses et vrais remèdes

On ne cesse de répéter que, pour préserver son capital osseux, il faut « boire du lait ». Mensonge ! La santé des os procède de mécanismes bien plus complexes et résulte généralement d’un équilibre alimentaire acquis dès le plus jeune âge. Ce capital précieux peut être préservé longtemps à l’aide de quelques remèdes naturels.

 

L’os est souvent une partie négligée de notre corps. On le considère volontiers comme un simple bout de bois qui nous permet de tenir debout. Lorsque nous avons mal, ce sont nos articulations ou nos muscles qui nous inquiètent, jamais nos os. L’os est pourtant beaucoup plus qu’une charpente. En effet, dans sa partie centrale se trouve la moelle osseuse, siège de la fabrication des globules rouges et des globules blancs. L’os est aussi notre réservoir de minéraux, principalement de calcium qui est un minéral indispensable dans le corps pour diverses raisons : la coagulation sanguine, la conduction nerveuse, l’activité musculaire et l’équilibre acido-basique. L’os est aussi essentiel à la bonne santé des cartilages. Ainsi, lorsqu’on parle de « capital osseux », il ne s’agit pas juste d’une formule. L’os se construit en effet dès les premiers âges de la vie, en particulier pendant la « période de croissance ». A l’âge adulte, les mécanismes de croissance continuent à un rythme équivalent au processus de dégradation. C’est donc bien ce qui a été acquis les premières années, durant cette période de croissance, qui détermine ce « capital » osseux.

Le calcium ne suffit pas pour la bonne santé de nos os et articulations

Tel un capital financier, la santé de l’os se construit petit à petit, comme si l’on faisait chaque mois des économies pendant de longues années pour pouvoir en profiter plus tard. De la même manière, il est quasiment impossible de se constituer un capital si l’on attend la dernière minute : lorsque la charpente est atteinte, on peut rarement faire mieux que de la consolider provisoirement. La constitution de ce « capital osseux indispensable » est sans doute la raison pour laquelle on entend très souvent parler de la nécessité de consommer du calcium chez l’enfant et l’adolescent, calcium que l’on est censé retrouver ensuite dans la masse osseuse. De là à dire que nos chérubins doivent boire du lait et manger des produits laitiers, bien sûr, il n’y a qu’un pas… C’est toujours la même logique, la même rengaine : face à une personne qui se retrouve déminéralisée, on va expliquer (trop) simplement que l’os étant riche en calcium, il faut du calcium pour construire ce capital. Et donc que les aliments en contenant le plus sont les plus appropriés, entendez là le lait et ses produits dérivés. Pourtant, n’importe quel biologiste expérimenté sait que les choses sont un peu plus compliquées dans notre corps. L’activité de fixation du calcium utilise-t-elle d’autres oligo-éléments dans son processus ? Quelles sont les étapes biochimiques que suit un atome de calcium pour passer de sa présence dans un aliment à sa présence dans l’os ? Y a-t-il des différences d’assimilation en fonction des aliments ? Un mammifère végétarien, une fois passée sa période initiale d’allaitement, construit-il différemment son capital osseux qu’un animal essentiellement carnivore ? Chez l’homme en tout cas, le débat est ouvert entre les promoteurs du lait (de vache) et des produits laitiers et ceux qui soutiennent que d’autres aliments sont préférables.

Sans magnésium, le lait ne sert à rien

On voit aujourd’hui, hélas, des personnes qui ont consommé toute leur vie des produits laitiers, notamment pendant leur enfance, souffrir à l’approche de la ménopause ou de la préretraite de troubles articulaires étonnants. Mais, pour un biologiste, cela n’a rien d’étonnant…

Un apport en calcium n’a de sens que face à une carence de ce minéral. Chose rare de nos jours dans nos sociétés. On parle davantage de « bilan calcique », c’est-à-dire du bénéfice tiré entre les apports et les pertes. Et c’est là que les choses se compliquent : l’assimilation du calcium se fait en lien avec le magnésium. Or le lait (de vache) contient très peu de magnésium, contrairement aux légumes verts ou à d’autres aliments végétaux. Le transport du calcium et sa fixation se font aussi en interaction étroite avec des mécanismes endocriniens et vitaminiques : la calcitonine sécrétée par les parathyroïdes, la vitamine D synthétisée dans la peau sous l’action de la lumière. Enfin, le calcium est très sensible à l’équilibre acido-basique sanguin. Le calcium intervient en effet dans cet équilibre. Il sera mis à mal dans son assimilation en présence d’aliments dits acidifiants : le sucre blanc et tous ses acolytes, de nombreux hydrates de carbone, l’alcool, le tabac.

Bougez pour la santé de vos articulations !

sport-et-articulationsCependant, à mes yeux, le facteur essentiel que l’on oublie, c’est la nécessité de se mouvoir. C’est parce que les os sont soumis à des contraintes physiques de poids, de torsion et de pressions en tous sens que leur croissance est stimulée. En d’autres termes, cela veut dire qu’un enfant qui jouera, courra, qui aura des activités physiques multiples, aura une croissance osseuse harmonieuse.

Au vu de la tendance actuelle à la sédentarité (« il préfère sa Gameboy à une ballade en forêt ») comme aux excès de sucres (sodas et ketchup en tous genres), les maladies des jeunes d’aujourd’hui sont le diabète et le surpoids. Mais les pathologies de demain pourraient bien être des maladies osseuses…

 

 

 

 

 

Mangez des fruits et des légumes, c’est bon pour vos articulations !

alimentation-et-arthroseParmi les pistes explorées par les chercheurs sur les moyens de préserver le capital osseux, la consommation de fruits est une voie prometteuse. Les arguments à l’origine de l’hypothèse du rôle protecteur des fruits ont été extrapolés de régions d’Europe où l’on a constaté un lien entre les taux de fractures de la hanche et la consommation en produits végétaux.

On suppose que les polyphénols sont partie prenante dans cette explication. Mais les isoflavones, les fameuses molécules similaires (mais pas exactement pareilles) aux oestrogènes n’y seraient pas étrangères non plus… Mieux vaut donc privilégier une alimentation riche en fruits et légumes, cela ne peut pas faire de mal !

 

Contre l’arthrose et l’arthrite

Avec le temps apparaissent les fameuses pathologies articulaires arthrosiques et arthritiques. La terminologie médicale est riche de descriptions différentes mais, dans le principe, retenons d’abord la nécessité de modifier le terrain acide et enflammé. La griffe du diable (Harpagophytum procumbens) est une racine récoltée en Afrique du Sud aux propriétés anti-inflammatoires puissantes. Efficace sur les inflammations articulaires, son action sera rapide sur un traumatisme aigu ou chez une personne jeune, un peu plus lente chez une personne plus âgée ou sur une inflammation articulaire chronique.

La posologie devra donc être adaptée selon les cas : comptez six gélules de cette plante par jour pour une entorse chez un adolescent (jusqu’à disparition de l’inflammation), contre deux à trois par jour chez une personne âgée, deux à trois semaines par mois devant une douleur chronique.

Pour la santé des cartilages

La glucosamine est une combinaison de glucose et de glutamine, un acide aminé. Elle est naturellement fabriquée par notre organisme et joue un rôle crucial dans la santé de nos articulations. Toutefois, essentiellement à cause de l’âge, la glucosamine voit sa production baisser progressivement. En conséquence, l’arthrose s’installe devant une dégénérescence des cartilages.

La supplémentation en glucosamine calme les douleurs articulaires. Et dans un deuxième temps freine ou stoppe l’évolution de l’arthrose. On attribue à la glucosamine une action lubrifiante bien que les recherches actuelles soient encore tâtonnantes. La glucosamine que l’on trouve dans le commerce sous forme de complément est extraite de carapaces de crustacés. La chondroïtine est un constituant du cartilage. C’est une molécule de taille beaucoup plus grosse que la glucosamine, extraite de cartilages de requin. La combinaison glucosamine et chondroïtine est idéale pour la santé des cartilages et des articulations. Ce complexe associé à du lithothamne a l’avantage d’apporter en plus des minéraux et de favoriser ainsi la reminéralisation des tissus.

Pour drainer et reminéraliser

Il faut aussi modifier le terrain arthritique et acide, d’où la nécessité d’employer des plantes drainantes : reine-des-prés, feuilles de cassis ou de bouleau, qui agissent sur la fonction rénale et favorisent l’élimination des acides. Une autre plante bien de chez nous, la prêle des champs (Equisetum arvensis), présente deux vertus associées intéressantes : le drainage, tout comme les précédentes, et la reminéralisation, utile pour une action de reconstruction de l’os. La prêle est riche en silice. On retrouve toutes ces plantes en synergie dans la tisane acidose de Natura Mundi.

Pour la colonne vertébrale

Autre remède naturel : la sève de bambou (Bambusa arundinacea), dont les effets thérapeutiques se signalent d’ailleurs sous forme imagée. Le bambou, qui construit sa tige à la façon d’un empilement de parties de bois, rappelle en effet notre colonne vertébrale. Essayez de casser un bambou et vous découvrirez son extraordinaire faculté à se plier et à reprendre sa position verticale. Les éléments constituants de la sève de bambou ont un tropisme pour les disques intervertébraux, encore plus que les vertèbres elles-mêmes. Est-ce en raison de la richesse en silice de la sève de cette plante qui frôle les 99% ? Qu’importe, du moment que sa consommation à petites doses (une à deux gélules par jour qu’on préfèrera absorber en début de repas) aura des effets anti-inflammatoires, reminéralisant, voire restructurant et réparateur des traumatismes des disques intervertébraux.

Contre l’inflammation et la douleur

Huiles-essentielles-et-douleurs articulairesEnfin, devant un traumatisme articulaire du type entorse, on aura recours à des huiles essentielles qui agiront autant sur la douleur que sur le drainage des éléments inflammatoires locaux : l’huile essentielle de romarin (Rosmarinum officinalis), plus adaptée encore que l’alcoolat car riche en camphre naturel, ou l’huile essentielle de gaulthérie (Gaultheria procumbens), encore appelée « wintergreen ». L’une comme l’autre peuvent être employées avec un support huileux pour calmer la douleur et drainer localement les acides inflammatoires.On peut les réunir pour composer une huile articulaire, en association avec des huiles végétales d’abricot et de noisette, du camphre naturel, de l’huile essentielle d’Eucalyptus citriodora, de genévrier et de Bay de St Thomas (deux toniques musculaires) et de cyprès (qui aide à la circulation du sang).

Au final, cette huile présente un large spectre d’action qui en fait un produit indispensable dans la trousse à … herboristerie !

 

 

 

La « recette » œuf-citron-lithothamne : beaucoup mieux que le lait !

Beaucoup d’adultes se souviennent de ce remède – conseillé par Raymond Dextreit – qu’on leur donnait lorsqu’ils étaient enfants, pour favoriser la croissance de leurs os : l’œuf-citron.

Prenez un verre dans lequel vous placez un œuf entier, sans le casser. Prenez ensuite un citron, que vous pressez. Versez-en le jus sur l’œuf, jusqu’à le recouvrir complètement. Laissez quelques heures la réaction se faire avant de récupérer le jus de citron que vous boirez. Une cure de 21 jours s’avère être un formidable reminéralisant. Pourquoi ? D’abord parce que le citron, même s’il est acide au goût, apporte des éléments basiques dans l’organisme. De plus son jus acide va réagir avec la paroi calcaire de l’œuf et extraire des éléments alcalins qui eux aussi participeront à désacidifier le milieu intérieur. On sait que le jus de citron, pris en cure, améliore les douleurs articulaires car il réduit le taux d’acidité dans l’organisme. En l’utilisant avec ce procédé, on associe l’effet drainant et l’effet reminéralisant.

Paradoxalement, si l’on associe à ce même jus de citron la coquille de l’œuf cassé, en respectant le même temps de réaction, il s’avère que l’assimilation est bien plus faible. En réalité, la forme particulière de l’œuf génère un phénomène énergétique dynamisant qui accentue la qualité nutritionnelle et reminéralisante du jus de citron. Etonnant non ? Les personnes qui veulent accélérer ce processus pourront y associer le contenu d’une gélule de lithothamne (Lithothamnium calcareum). Cette micro-algue fabrique, pour se protéger, une fine coquille riche en calcium très assimilable. En présence d’un œuf immergé dans un jus de citron, la poudre de lithothamne sera rapidement dynamisée, ce qui augmentera d’autant son effet. A défaut, une à trois gélules de lithothamne par jour, prises au début des repas, seront toujours salutaires. A prendre en cure de deux à trois semaines par mois.

2 réflexions au sujet de « Os et articulations : idées fausses et vrais remèdes »

  1. ROUVEURE CHRISTIANE

    Bonjour M ASTIER
    Je n’ai pas toujours le temps de vous écrire , mais je veux vous dire aujourd’hui que j’apprécie toujours vos articles. Ma pharmacie familiale se compose de produits « Natura Mondi » dont je suis trés satisfaite. J’ai une petite réserve à la maison de façon à ne pas être démunie : c’est selon le moment, les symptômes, la météo ( pour les douleurs).
    Je ne connaissais pas la recette » citron-oeuf » et je vais l’expérimenter. Je fais des cures de temps à autres de Citron lorsque mon corps m’indique trop d’acidité, j’utilise aussi « l’Aloë Vera ».
    Merci encore pour votre aide en tous genres : articles, promotions etc…
    Très cordialement.

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